16.04.08
| Oiseau O A |

J'ai découvert une théorie intéressante : ma soeur est une grosse chiante lorsqu'elle ne sort pas. C'est pire que les chiens, elle a 12 ans et elle furète partout sans tenir compte de la fatigue des uns et des autres. Elle touche à tout, marche, ennuie. Enfin bref, je ne vais pas m'étendre sur le sujet.
Pardon de ne pas avoir fait d'articles. J'ai fait un sale cauchemar où j'avais 0 au bac. J'ai été dimanche au Parc des Oiseaux de Villars-Les-Dombes. Je vous passe les mauvais moments de la journée : fatigue, tickets restaurants non-acceptés, thune claquée en un éclair, mauvaise volonté du personnel ... Je ne vais pas m'étendre là-dessus non plus. Je risque de me répéter alors j'arrête.
Ca barde drôlement chez moi. Je crois que tout le monde ici en a marre de Lyon.
C'était merveilleux, il y a avait des oiseaux de tous les coins du monde mais moi, je voulais le condor, le symbole de l'Equateur. Il ne s'est pas montré. Je crois bien qu'il nous snobait. Un petit con a dit "ah! Où est-ce qu'il est, le plus grand oiseau du monde, hein? Où?". C'en était trop pour le condor. Alors monsieur s'est relevé d'un coup, a causé une grande frayeur parmi les gosses, et a majestueusement détendu ses ailes, l'air de dire : "bande de petits cons, voici le big boss, me voilà, le grand condor. La prochaine insulte et je vous mange le mufle." Impressionnant. On a dû prendre des tas de photos.
Par contre, j'ai pas pu dessiner. Snif.
Bon, j'écris. J'écris n'importe quoi, mais j'écris. Des choses. Des histoires. Un peu loufoques. Mais plaisantes, enfin j'espère. Ca passe le temps. Et ça empêche d'être angoissé et triste. Tant mieux.
Je crois que je vais arrêter pour un moment ma fic sur Gorillaz. La temps de mettre tout au clair. ce que j'ai écrit ne me plaît pas du tout. Hélas.
PS : Je crois que si j'étais un pirate, je me MUTINERAI.
Al-kE-mE
(allez, allez-vous-en et oubliez-moi parce que je suis intraitable.)
| Oral de français 2007 |

Fatiguée.
Oral de merde. Voltaire. Pffff, qu'il aille se faire enculer ce pauvre con. Avec Candide tiens. Mon développement était minable et je n'ai aucunement envie de m'attarder là-dessus. Par contre, l'entretien m'a semblé mieux. Mais je l'ai mis sur le compte de la fatigue et de l'illusion du bac. Enfin bref.
Je pense juste à me coucher en écoutant des CD comme d'habitude et de rêver à un monde meilleur. Je suis tout de suite allée à une fête de mon collège qui m'a consternée à cause des fauteurs de trouble qui emmerdaient tout le monde durant la représentation théâtrale dans le gymnase. Ils auraient pu le faire dehors, il faisait beau, non? Mais mieux vaut ne rien demander à ces gens-là. Quelle merde, à rencontrer tes anciens profs qui vous jaugent comme des bébés et vous vous retrouvez à manger des cakes aigres au jambon et à l'olive, en buvant du Coca light trop glacé. Vous êtes joyeux, ou vous faitez semblant. Quant à mes anciens camarades ... ils sont à mille lieues de moi. Ils ont suivi des chemins tellement déviés qu'on ne se reconnaît plus entre nous.
Je crois que je vieillis avant l'âge. J'ai l'impression d'être timorée comme si j'avais 80 ans. C'est triste, non? Les gens sont tristes, ne savent plus manger, boire, écouter de la bonne musique, baiser correctement, embrasser comme il le faut. Moi, tant qu'il y aurait de la musique, du mauvais temps, Paris et le soleil, tout ira bien. Si tout s'écroulait, ce serait fini pour moi.
Je ne vais pas non plus m'attarder sur ma triste vie. J'en ai assez dit. Tant pis pour ce putain de bac. Tant pis pour le cul de Jake Gyllenhaal. Tant pis s'il aime Kaynie West et 50 Cent que je hais. Tant pis si Maggie se fait fouetter les fesses dans "La Secrétaire". Tant pis pour mes cheveux gras. Tant pis pour les amies. Tant pis pour les régimes. Je continue la voie que j'ai choisi. Je me casserai. Je vivrai enfin à Paris. Je reverrai mon père, les amies de ma mère qui sont si gentilles. Et puis tout ira bien. Ce serait utopique.
Bon, j'ai envie de me bouffer moi-même pour m'apprendre à être sympa avec des gens qui ne le méritent pas. Bon, je suis sûre que ça ira mieux après.
Quelqu'un peut m'apprendre à cramer correctement une main, là?
Al-kE-mE
| (souffle) Bon allez go. |
Allons bon, je ne sais plus quoi faire.
Les révisions ne sont pas mon fort, je l'avoue. Revoir encore les autres de ma classe à attendre comme une conne, avoir des crampes au bide au point de gerber, se retrouver devant un vieux pouilleux qui te donnera un texte qui ne te plaît pas ... tout m'horripile affreusement. Snif. J'préfère pas m'étendre là-d'ssus.
Bon, en ce moment, rien à signaler. A part que le seul truc dark que j'écoute en ce moment, c'est Editors. Abattez-moi. Editors, son noir! Et puis quoi encore? Pourquoi pas les quatre connes de Plastiscines en couverture de Playboy pendant qu'on y est?
Enfin bref. C'est triste. Je vais bientôt éteindre l'ordi pour re-réviser un coup. Surtout que mes céréales dans le ventre font un drôle de remous avec le jus d'orange. Mais je ne vais pas faire l'inventaire de ce qui se passe dans mon bide, c'est déjà assez difficile comme ça.
Hier soir je me suis shootée avec Blur et Sergent Garcia que j'avais pas écouté depuis une décennie. Avec le premier album de Gorillaz. J'ai pas pu m'empêcher d'être un peu triste. Se rappeller cette époque ou j'étais plus malheureuse que maintenant. Et toujours cette frousse d'écouter "Clint Eastwood". Désolée je crois que ça restera comme ça. Pour un bon bout de temps.
En me regardant dans la glace, je me suis écrit dessus "fille anormale mais gentille qui aimerait des amis sincères et pas lâches" avec du crayon. Et j'ai effacé après.
J'espère que ça va marcher.
| Sushi problem |

A cause de Clara Sheller, Paris me manque. Allez, plus qu'une semaine je serais là-bas. "We live in a beautiful world" me dit Chris Martin, que je trouve très beau ces temps-là (encore la faute aux yeux bleus! CA M'OBSEDE!) à cause de sa voix naïve, ses cheveux ondulés et angéliques, son profil athénien ... hummm bon ça suffit maintenant. Ca y est? T'as déjà plaqué l'autre New-Yorkais là? Oui celui qui aime bien être nu ... oh vous savez très bien de quoi je parle :-D. Et puis Damon Albarn ohlàlà c'est même pas la peine d'en parler là c'est limite has-been XD
Non j'plaisante bien sûr.
Travis, ça fait un moment que ça me botte. Poétique, plus proche de Supergrass que de Blur si vous voulez mon avis, avec leurs sonorités bien à eux. Du coup, à cause de ça et de la joyeuse perspective d'avoir perdu quatre kilos, les textes pour les oraux de français vont un peu aller se faire foutre. Je crois que je ne vais pas sortir de la journée. C'est tellement agréable et adolescent de rester comme un concombre devant son ordi à taper des articles de rien du tout. Mon souhait du moment : avoir les ongles longs, diaphanes, bien polis, et dangereux à la fois, qu'ils ressemblent à des serres.
C'est con d'écrire tout ça maintenant, surtout que le putain de lycée où je passe l'oral et dans une artère mince et étroite, comme un tunnel où on ne verrait pas la sortie. Lycée Chevreuil, comme la bestiole que des chasseurs tuent pour avoir une belle table garnie à leur retour. Oui, la bestiole qui sent le faisandé et qui est une sorte de Bambi en plus petit et avec des cornes. J'ai toujours aimé les animaux et celui-là n'est pas l'intrus de ma liste.
Je réécris des milliards de fois mes histoires sur Word. Je ne suis pas satisfaite. J'ai quatre histoires sur le feu, il faut que je me calme. Ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tuée. Comme avec Jack et Ennis. "Brokeback Mountain" est divisé en deux partie : première partie, ils sont dans la montagne à ... hem, démontrer leur affection commune. La deuxième partie, que certains jugent trop longue et trop naïve, m'a plongé dans une profonde mélancolie. Une nostalgie de cette magnifique montagne. Aussitôt arrivés sur Terre, les deux amants affrontent le bas-monde. C'est peut-être ça qu'Ang Lee a voulu démontrer : la tristesse de retourner dans la réalité avec tout ce qu'elle offre de morne et de grégaire. Un retour assez maussade dans l'ensemble. Bordel, que j'aime ce film. La fin me donne toujours envie de me tordre les boyaux. Je ne vous parle même du livre. C'est pire. Je préfère ne pas en parler, j'écoute Cibo Matto. Fichez-moi la paix siouplaît.
Ma créativité en ce moment est en dents de scie. Est-ce mieux ou pire? J'en sais foutrement rien et je m'en balance. Ce bac me casse les burnes. J'ai envie d'arracher mes cheveux trop crépus. Non que je ressemble à une Africaine (fichtre non!) mais ils se décoiffent trop souvent. M'man, j'veux me les couper comme des idiotes dans ma classe.
C'est égoïste d'être lâche envers sa propre classe. Finalement le collège n'aura eu rien à envier au lycée. Et le lycée ne valait pas mieux. Toujours ce putain de sentiment d'être trompée dans ses illusions.
Enfin bref. Miho Hatori finit sa chanson et il serait p't'être temps que j'éteigne l'ordi.
Mais il est bien là, avec les rayons de soleil sur sa carcasse.
PS : Jake Gyllenhaal avec une moustache, c'est moche.
Al-kE-mE
| Putain d'inscriptions! |
Je n'ai pas reçu ce putain de dossier d'inscription pour la terminale. Donc l'administration ici est une merde. Donc je suis d'une humeur de bouledogue.
Je me suis fait chier à acheter une putain d'enveloppe et à faire des photos d'identité à la con. Je parle comme ça parce que je suis de mauvaise humeur. De mauvaise humeur parce que quand je suis venue, on m'a scandaleusement ignorée. Bravo l'esprit d'équipe, félicitations. Vous allez recevoir la palme de la lâcheté. Et rien que de savoir que je vais encore me cogner les mêmes têtes l'année prochaine, j'ai des envies de meurtre. Ou de m'enfoncer la tête dans la cuvette des toilettes après l'avoir récurée entièrement. Parce que je suis maniaque.
Toujours le même cirque ici : "ah je m'occupe pas de ça allez voir ailleurs si j'y suis". Ca résume en gros ce qui ce passe dans ce pays de MERDE. Seul bon point : une dame travaillant dans le social a vaguement parlé politique avec moi et mon ami métalleux (le seule sympa d'ailleurs ...). On était tous d'accord pour dire que Hollande est un fouteur de zizanie et d'emmerdes, que Royal va être à la tête d'une bande d'éléphants pouilleux, et que les institutions administratives dans ce pays dataient de Napoléon et qu'elles empestaient la naphtaline.
Enfin, après la terminale, hasta la vista baby. Finie la grisaille de Lyon. En route pour Paris. Faites que mon petit papa chéri m'aide. Et faites aussi que ma petite maman adorée ne souffre pas trop en mon absence.
PS : j'ai réécouté Coldplay après une critique disant que la voix de Chris Martin était minaudante et insupportable et désolée, je ne trouve pas qu'il soit chiant au contraire. Ce que reprochait ce critique, c'était peut-être le fait qu'il gagnait plus d'argent que lui sans doute.
Sans doute.
Bon Dieu de merde, faites que je me casse d'ici. Ou on me bouffera.
Al-kE-mE, faut que j'me refasse ...
| Et la télé dans tout ça? |

Un autre charmant questionnaire de merde.
1) Regardes-tu souvent la télé ? Elle m'abrutit et ne m'intéresse point du tout. Parfois, je peux la regarder.
2) Quel genre de séries aimes-tu regarder ? En tout cas pas des merdes. C'est les Frères Scott qui bassinent tout le monde en ce moment. Dois quand même admettre que des histoires de cul pareilles, c'est assez reposant.
3) Quel est ta série télé préférée ? Desperate Housewives, Sex & The City (et pas Pétasses & The City) avant Nip-Tuck mais ma mère m'a interdit de le regarder (du coup je suis un peu larguée).
4) Quelle type d'émission aimes-tu regarder ? En tout cas pas des JT ou ces trucs-là, on nous ment de toute façon. Euh, des émissions musicales (SURTOUT SI Y A BLUR! HAHAHAHAHAHA non j'plaisante ...), et puis sur l'art.
5) Quelle est ton émission préférée ? Tentations.07, l'Effet Papillon, le Grand Journal (quand les invités sont pas trop pourris) tout est sur Canal +.
6) Aimerais-tu participer à une émission de télé ? Ah sûrement pas la Nouvelle Star! Ca non! Par contre, avoir un p'tit reportage sur moi sur Tentations.07 ... je veux bien. Ou être invitée au Grand Journal.
7) Regardes-tu parfois des dessins animés ? Oh oui, en ce moment, c'est "Chadébloc". J'adore.
8) Quel est ton dessin animée préféré ? Les Simpsons ! Et des tas d'autres, surtout des Nickelodéon (j'adore ce qu'ils font c'est très varié et en plus parfois c'est philosophique!).
9) Regardes-tu les émissions de TV-réalité ? Hohohohoho! Certainement non! Euh, bon ma mère, ma soeur et moi on s'amuse souvent à faire un VRAI jury de la Nouvelle Star et on arrête pas de gueuler lorsque les chanteurs ou chanteuses sont très mauvais. J'ai honte.
10) Quelle est ton émission de TV-réalité préférée ? Ma vie à moi. Comme vie, y a pas plus chiante que la mienne HAHAHAHAHA!
11) Aimerais-tu participer à une émission de ce genre ? Et puis quoi encore? J'ai pas le physique.
12) Penses-tu que les gens prennent la grosse tête à la télé ? Ah ça, c'est humain, on peut pas s'en empêcher ... sauf quelques irréductibles. Et puis c'est débile : votre tête va défiler sur une pellicule qui sera traitée sur ordinateur et diffusée partout. Hum, le processus est quelque peu dérisoire, non?
13) Côté pub ... tu regardes ou tu zappes ? Ohlà, je zappe. Surtout sur Tf1. N'est-ce pas, Jean-Pierre Pernaut?
14) As-tu une pub favorite ? Non. Ah si, et ça c'est depuis mon enfance, les ours blancs avec le Coca, j'ai toujours aimé en fait.
15) Penses-tu que la pub a de l'influence sur tes envies ? Non, je ne pense pas. Sincèrement.
16) As-tu une télé dans ta chambre ? Non et l'idée d'en avoir une me hérisse le poil et de toute façon ma mère ne voudrait pas. Et elle a bien raison.
17) Es-tu du genre à passer ta journée devant la télé ? Ah ça non, mon ordinateur remplit très bien cette fonction-là :-D
18) Regardes-tu la télé en mangeant ? Ca m'arrive tout le temps. Ce qui énerve ma soeur surtout durant le dîner.
19) Pourrais-tu te passer de la télé ? Oui. Avec un peu d'efforts.
20) Quand on dit que la télé abrutit les gens, t'en penses quoi ? Couçi-couça. Ca dépend. Vous n'avez qu'à poser la question ) Mister T.
| (baîlle) |

Je ne sais toujours pas si Ennis Del Mar et Jack Twist sont des braves gens ou des pauvres types.
Braves gens, car ils se sont rencontrés à à peine 20 ans et qu'ils se sont aimés malgré les interdits de la société dans une belle montagne où ils pensaient que le mal n'existait pas. Braves gens parce qu'ils n'avaient pas demandé de manquer d'amour durant leur enfance. Braves gens parce qu'ils n'avaient pas demandé de tomber amoureux l'un de l'autre. Ils n'avaient pas demandé à avoir un job de chiotte pour avoir un peu de sous. Ils n'avaient pas non plus demandé qu'on les traite comme des chiens. Ils ne savaient même pas ce que c'était que l'amour.
Pauvres types, enfin pauvre type au singulier pour Ennis, qui a choisi de se marier avec une femme qu'il n'aimait pas aussi profondément qu'elle le souhaitait, qui a choisi d'avoir une vie de merde, vêtu comme un vagabond et gagnant rien du tout. Pauvre type parce qu'il était confronté à un choix impossible : rester avec l'être qu'il aimait le plus ou continuer sa vie mais dans les règles de la société. Le deuxième choix a été le plus fort. Et Jack a crevé. Pauvre type ce Jack aussi. Plein de promesses, il a commencé à s'aigrir avec le temps, à ne plus aimer sa femme, à se vanter d'avoir de l'argent, à être hypocrite avec les riches propriétaires texans, à s'enlaidir même, à délaisser sa vie de famille et tromper sa femme avec une idiote qui plus est. Rien que pour affirmer une virilité. N'importe quoi. Et Ennis? Il est dans son pick-up branlant, avec les mêmes chemises, à ne plus savoir que faire avec Jack, et lui là le petit péteux ancien roi du rodéo qui a du se péter le dos à plusieurs reprises, avec de nouveaux vêtements, de nouvelles voitures, de nouvelles maîtresses ... le luxe et la pauvreté. Facile à dire.
Et puis il a crevé ce con. Tué? Mort comme ça? Crime homophobe? C'est affreux de dire ça, mais ça importe peu. Ennis se retouve seul, à regretter Jack, à pleurer sur lui, à rêver de lui la nuit. Et voilà comment finit cette magnifique histoire. Aussi pauvrement et aussi simplement qu'elle avait commencé.
Le Wyoming n'aura jamais été autant secoué durant toute son existence.
Al-kE-mE
| P'tite précision quand même ... |

Suis-je encore Al-kE-mE, ou bien une pauvre conne que les gens critiquent au gré de leurs envies et de leurs caprices ?
Je fais la chasse aux non-partisans de The Good The Bad And The Queen à cause de leurs critiques cinglantes. J'essaie de voir plus loin pour essayer de comprendre pourquoi les gens ne sont pas attirés par cet album qu'ils jugent inaccessibles. J'ai contacté plusieurs critiques là-dessus, euh non juste un. Il a eu l'amabilité de me répondre. Et ça m'agace.
Oui, ça m'agace de m'avouer vaincue. Je parle d'une manière violente parce que j'en ai marre. Ca m'agace que les gens n'arrivent pas à être pris dans un tourbillon aussi violent d'émotions et de mélodies comme "The Good The Bad And The Queen". Ca m'agace d'autant plus que je peux à présent mesurer à quel point je suis une sale groupie. Ca m'arrive sans arrêt, ça. Impossible d'enlever ce trait de caractère. Je comprends un peu les autres groupies. Rêver du même type, ne parler que de lui, amusant. Agaçant aussi.
Voilà, c'était juste pour dire que The Good The Bad And The Queen est un moment hors du temps et de l'espace, en tout cas c'est l'impression qui s'en dégage lorsque j'écoute le disque.
| Monotonie? Désirs de changement? Ou ça d'abord? |
Je hais la monotonie.
C'est pourquoi j'écris des histoires parfois un peu bizarres, que j'aime la musique mystérieuse, donc un groupe comme The Good The Bad And The Queen me convient très bien. Il reflète bien l'atmosphère d'un conte pour enfants.
Le dernier article que j'ai fait sur la petite maison est un rêve d'enfant. J'ai toujours pensé qu'un arbre sortirait de sa place et m'emmenerait dans une petite maison blanchie à la chaux, où il y aurait des effluves d'hibiscus qui embaumeraient l'air. Ce serait un bel arbre au tronc solide et entortillé de jeunes branches, avec des feuilles aux lignes fines bien vertes et dont la tête ressemblerait à celle d'un papy aux rides comme des labyrinthes. Et puis là-bas, il y aurait trois lunes et des tas de chats. Et "Nature Springs".
Cette maison aurait un grand hublot, où on pourrait observer la nature environnante. Il n'y aurait pas d'écrans bleus de la mort, des gens qui frappent les homosexuels avec un pied de biche comme on l'a fait pour Jack Twist, des semeurs de zizanie qui ne savent pas que la fidélité existe et qui s'amuseraient à tout défaire. Le mal n'existerait pas.
Des oiseaux partout, tous les piafs de la création. Des bariolés, des unis, des tristes, des joyeux, des tableaux vivants et des mochetés, des utiles et des paresseux, des vifs et des lents, des grands et des petits. Pas de discrimination.
Et puis des vaches. Finalement, les animaux n'auraient pas de conscience politique. Le mauvais temps serait beau. Les nuages ne seraient pas de pauvres tranches blanchâtres découpées à la va-vite mais des plates-formes arrondies, larges comme des océans. Les alcooliques ne vomiraient plus, parce que je déteste le vomi.
Pas de pauvres types ni de prostituées. Pas ce besoin de montrer son cul pour un peu de fric. Un peu de sentimentalisme, sans tomber dans le mièvre.
Ce serait un monde idéal, on parlerait un bon français, en oubliant MSN et les SMS, comme le dit cette pauvre conne de Diam's. Elle, elle ne sait pas à quel point c'est important de S'INSTRUIRE.
Ce monde m'échappe. Je comprends de moins en moins l'engouement qu'on porte à tel ou tel truc. La simplicité, ça n'attire personne apparemment. Moi, j'aime ça. Pas besoin de dix-huit mille couleurs.
Ce monde m'échappe. Il m'échappe d'autant plus que je ne le trouve pas beau. Même il est dégueulasse, il ne mérite pas qu'on le regarde. Il ne m'attire pas. Il est chaotique et répugnant. Et parfois si merveilleux. C'est moche. Moche qu'il change tout le temps. Cette grisaille, cette tristesse, elle me rattrape à chaque fois.
Alors quand je peux et que j'en ai ras la casquette et que j'en ai gros sur la patate, je m'attable au bureau et je tape tous les articles que je veux, comme pour laisser échapper un pan de mes rêves, faire des tournures littéraires pour que tout le monde comprenne.
Faut que ce soit accessible.
Hahahaha, mon côté vieillot et nostalgique accessible. Ha elle est bien bonne celle-là.
Al-kE-mE
| La vache ... |
C'était toujours la même chose. Pour aller à l'école, il fallait que je prenne tous les jours la ligne 18 en direction des Cordeliers, où se trouvait le lycée Ampère Bourse. D'un pas monotone, je marchais vers l'arrêt et attendais. Je n'oubliais pas que j'éprouvais un certain mécontentement à voir toujours les mêmes personnes attendre, et il y avait de toute façon un monde fou là-dedans, avec des mines renfrognées. Après tout, s'ils n'aimaient pas travailler, ils pouvaient au moins le cacher, au lieu d'exhiber des têtes de bouledogues.
J'en arrivais à penser que ma journée allait encore être monotone, lorsque je vis arriver de loin une vache, une belle bête de concours blanche aux larges taches marron, avec un campanule dans la bouche. Elle marchait d'un pas nerveux, non sans mécontentement. Lorsqu'elle arriva à l'arrêt, elle souffla un coup et ignora les passants qui lui jetèrent un regard furtif.
Personne, forcément, n'avait eu la peine de lui parler. Ici, les gens ne sont pas polis. Songeant avec colère à l'impolitesse du monde moderne, je m'avançais vers elle et elle tourna ses gros yeux mouillés vers moi.
- Bonjour, vache.
- Bonjour, ma petite. Il est bien aise de constater qu'une jeune fille comme vous prenne la peine de saluer une vache, aussi vieille soit-elle. Voyez-vous, il m'est arrivée une mésaventure hier, j'ai perdu mon troupeau.
- Votre troupeau? Ah, ce n'est pas de chance, dis-je, sincèrement désolée pour elle, savez-vous au moins où il se trouve?
La vache eut un moment de réflexion puis avala son campanule en mâchant longuement. Sa queue fouetta l'air.
- Hum, il me semble que mes collègues se trouvent place euh ... Delacour, Bonnecour ...
- Ne serait-ce pas plutôt Bellecour? proposais-je.
Le regard de l'animal s'anima.
- Oui Bellecour! Ah, c'est encore ce chien de berger qui ne sait pas comment utiliser les transports en commun. Il est plus bête que ses pieds. J'ai demandé à la Confrérie des Bergers de me le changer, rien n'y fait. Ils disent qu'ils sont en "rupture de stock". Voyez-vous ça! Comme si un chien suffisait à nous surveiller, mes collègues et moi! Enfin, il peut se vanter de m'avoir comme éclaireur, je connais bien Lyon. Seulement, je suis si vieille, vous comprenez, les mots disparaissent assez vite et reviennent quand ils en ont envie ...
Je comprenais. Le trolleybus arriva enfin. Nous primes la porte du milieu. Les gens, mécontents de se faire doubler par une vache, poussèrent de soupirs. Je poussais la vache afin de lui garantir un meilleur confort.
- Merci petite, vous êtes bien gentille. C'est rare des gens aussi prévenants envers les animaux.
Je lui disais que ce n'était rien. Elle resta dans le milieu, et me racontait, pour passer le temps, ses histoires du pré, la Confrérie des Bergers, la vie avec ses collègues, les herbes qu'elle préférait. Je pensais tout bas que ma journée n'allait pas être aussi monotone que cela.
***
Pour finir, nous arrivâmes à Cordeliers. Bon prince, je l'accompagnais jusqu'à la place Bellecour. Les gens se retournaient sur son passage et ne manquaient pas de lui adresser quelque compliment sur son teint, son allure et son port de tête tout à fait admirable. La vache en rougissait. Son mufle se détendit.
Enfin nous aperçumes un troupeau esseulé de vaches tristes, et je voyais dans le fond une tache qui s'affolait. On entendait des cris s'échapper de la tache. La vache fronça les sourcils.
- C'est ce diable de berger qui me cherche. Il a du dépenser beaucoup d'argent pour héberger mes collègues. Je n'aime pas ça.
Nous traversâmes les rues pour finir sur la place Bellecour, où le sable rouge semblait bien morne avec la grisaille des toitures du métro. Quand le berger aperçut la vache, il pleura comme un veau et l'enlaça amicalement.
- Ma brave p'tite Suzette! Et moi qui te cherchais ... tes amies elles étaient folles d'inquiétude tu sais ... et elle a pris les transports en commun! Toute seule comme une grande! Alors que moi ...
C'est à ce moment-là qu'il prit compte de mone existence, et me salua. Il parlait le français avec un accent indubitablement paysan, mais charmant.
- Merci m'dame, c'est ma meilleure laitière. Une brave bête ... et elle a fait des concours en plus! Si vous saviez ce qu'elle a ramené comme trophées ...
Il parlait, parlait, parlait. Aucune vache ne l'écoutait. Moi, je regardais Suzette et ses amies, qui allaient s'en aller. Mais Suzette se retourna.
- Merci encore ma petite. Puisse-tu passer une bonne journée.
Elle s'en alla rejoindre le troupeau et tous se mirent en marche droit devant eux.
Je courais comme une folle en direction de mon lycée. J'étais en retard. Mon lycée n'acceptait pas les retards. Sans même saluer la loge, j'allais vers les surveillants. Avec un sourire narquois, l'une d'entre eux me salua.
- Alors? C'est la première fois qu'on est en retard? Mais qu'est-ce qui s'est passé? T'as rencontré une vache place Bellecour ou quoi?
Elle trouvait ça drôle. Elle éclata de rire en me dispensant d'un billet de retard. Remerciant, j'allais en cours.
Les amis n'allaient pas croire ce qui m'était arrivé.
FIN


