.: ONLY / GREY :.

Lonely people in a lonely country.

27/03/09

Beuleup beuleup beuleup (le bébé joue avec sa bouche)

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Un titre de chiotte pour un article plus que douteux. Bwarf.

Ouais, j'aurais du attendre samedi pour lire Naruto mais étant donné qu'on a été virés de Saint Germain des Prés par Missy qui prétextait un "manque de sommeil évident", je m'en fous. Me revoilà à Château-Rouge. Vivante. Nerveuse mais vivante.

Sinon, un pédé m'a bousculé aux Halles et m'a traité de connasse. J'ai rétorqué que les putassons ne font pas la loi dans la Ville-Souricière. P'pa a rétorqué qu'il était une belle petite folasse aussi con qu'un pigeon. Le con en question s'est avancé vers P'pa d'un air menaçant et P'pa s'est rapproché, l'air plus menaçant. Il a grimacé, imitant les traits boursouflés de l'interlocuteur irascible, et a rétorqué qu'il n'était qu'un petit pédé prétentieux et débile. L'autre a riposté en disant qu'il n'était qu'un gros lard. C'était moche, mesquin et débile, si débile que j'ai ri. Tellement ri que l'autre s'est ratatiné comme un pruneau et P'pa a crié qu'il était vraiment con ce mec, et que si jamais il repassait par ici il lui "niquerait la tête à coups de pied à la gueule". L'autre n'a pas insisté. Il est parti, aigri.

C'était débile, mais j'ai craqué nerveusement. J'étais tellement furax envers P'pa que je suis partie à Virgin Megastore et que j'ai lu tout mon soûl. Je suis rentrée à Franprix moins nerveuse. Moins nerveuse et souriante. Souriante et vivante.

...

Euh ???

...

Attendez !

ELLE VIT! HAHAHAHAHA! ELLE VIT! HAHAHAHAHA C'EST INCROYABLE!

HAHAHAHAHAHA! (ma conscience n'y revient pas), TU VIS MA VIEILLE BRANCHE! HAHAHAHA INCROYABLE!! HIHIHAHAHAHA! C'EST INCROYABLEMENT INCROYABLE!

...

Euh, ça va hein!

Je souris. Pour une fois.

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25/03/09

Yes. Run.

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Je sors de l'école en avance parce que la typographie ... c'est nul vers la fin.

P'pa et moi on a mangé une glace, tranquilles, assis sur une table en plastique, lorgnant les gamins qui jouaient à l'Everest en face de nous.

Mais bientôt, ce bel équilibre disparaît quand P'pa m'annonce que nos affaires stockées dans le box ont été volées par un huissier et vendues aux enchères. Comble de l'ironie, à Drouot justement, là où il va si souvent. Plein de choses ont défilé sous ses yeux, des pans entiers de notre enfance et des beaux jours passés à rue Boyer. Des oeuvres à lui, des toiles, et des sculptures, ont été exposées. Un enculé a essayé de les acheter, mais P'pa n'a rien voulu savoir. Il n'a pas pu tout sauver, surtout ses deux tours dorées magnifiques qu'il n'avait pas fini. Et puis tous ses livres de Drouot. Une fortune. Ca s'est envolé en un coup de marteau. P'pa a hurlé. Il a hurlé en disant que c'était injuste de faire, que ce n'était même pas du bon travail et qu'il n'avait pas fini, et qu'il était con d'acheter des trucs qui ont une mémoire affective. Il n'a plus rien dit et est parti.

Alors qu'il parlait, je remarquais que le blanc de ses yeux commençaient à devenir ... brillants, très brillants. Un peu trop même, ce qui m'a alarmé. Il a dit un truc qui est resté suspendu en l'air vachement longtemps :

"J'avais pas terminé, je me demande pourquoi cet enculé l'a acheté. C'était quand même des oeuvres à moi. Les huissiers sont des types malades et pingres. J'avais pas terminé."

Un truc mouilé s'est écrasé sur la glace au coco dans son cornet. Il commençait à pleurer. C'est bien la première fois de ma vie que je voyais mon père pleurer pour autre chose que sa famille, à savoir ses oeuvres. Jamais de ma vie je ne l'ai vu aussi triste. Je l'étais, et je versais quelques larmes de compassion pour lui, parce que, quelque part, ces tours dorées et ces chaises c'était mon enfance et sa belle époque, l'époque où il avait de l'inspiration ... et puis, il m'a expliqué plus en détail ce qui s'était passé. Le commissaire-priseur les avait vendus à des prix de fous. Et P'pa s'était énervé, il y avait de quoi.

...

J'écris cet article un peu en hommage à lui. Il semblait si triste. Il l'est encore un peu maintenant, j'espère que ça va s'arranger.

Il touillait les brocolis d'un drôle d'air ce soir, P'pa est presque éteint. Il ne dit plus rien. Je ne pense pas qu'i oubliera facilement cet affront qu'on lui a fait. J'espère de toute ma vie ne jamais vivre ça. Jamais.

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24/03/09

Ca balance pas mal par ici.

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Moi qu'est fait la photo, je n'en suis pas peu fière. Retouche sur Photoshop, pour rendre le nuage plus mystérieux ...

J'ai encore vu "Léon". J'ai encore pleuré. Ce film me TUE à chaque fois.

Drôle de journée. Ca allait. Finalement, peindre des natures mortes, ça calme. Attendre trente minutes avant de faire comprendre au prof de faire remplir le papier pour les MANAA, ça calme aussi. Plus durement. Mais ça marche. Je ravale ma colère, pour la 234565765444ème fois.

Rentrons à la maison. Mes affaires ont encore disparu. Je déteste qu'on les bouge comme ça, tout simplement parce que ça ne fait pas. Missy a piqué une crise, comme le fait souvent. Moi aussi. J'en ai marre parfois, de rester avec elle, un vrai mirador, scotchée à son fax pour envoyer des messages de haine à sa mère qui ne veut pas lui donner d'argent, et à sa soeur qui lui reproche toujours d'être mal habillée. Quand on a une famille comme ça, normal direz-vous. Non. Parce que ce n'est pas tout, houhouhou, non, messieurs dames les psychanalystes avisés. Madame a de l'hypothyrroïde, se plaint d'avoir mal partout, d'être grosse, de ne pas trouver d'acheteurs parce qu'elle travaille comme un pied, elle prend des médocs matin midi et soir et ... non ça ne va pas, ça ne va plus. Alors forcément, quand je craque, ça fait des histoires. Et P'pa qui s'écrase devant elle parce qu'elle serait capable de nous flanquer à la porte. Et puis ...

Le souffle retombe. La colère disparaît, et les jérémiades commencent des deux côtés, et que je m'excuse, que je voulais pas dire ça et que je suis fatiguée. La même rengaine, encore et toujours. Cyclique je vous dis. Un vaste cercle, rencontrant d'autres cercles, se rejoignant en des tangentes, d'infinies tangentes.

Sinon je regarde toujours Clannad After Story. C'est un peu mièvre comme ambiance, mais ça ne tombe jamais dans l'excès typique de ce genre d'anime. Pour une fois les filles ne sont pas des objets érotiques ambulants et ne s'écrasent pas devant les garçons. Mais je n'aime toujours pas l'uniforme. Tout ce qui est fachisant est mesquin et inutile, je n'aime pas ces débordements. J'aime l'individualité, mais pas l'égoïsme. Je suis pour la différence, et pas pour le bourrage de crâne répétitif comme on le fait maintenant (réfléchissez par vous-mêmes, VOILA, la vraie solution). Seulement, lorsqu'on a supporté toutes ces années d'école, voyez-vous, on a une conception toute faite de notre place dans la société moderne, hinhinhin.

Bon, Missy est revenue, elle est calme. Son IMac l'a calmée, visiblement.

Sinon, je tombe sur une chanson de Supergrass, par hasard, sur Deezer : You Can See Me.

Et les paroles sont : "you can see me, I'm not really there."

Bizarrement, ça forme un écho lointain, lointain, lointain, lointain ... et tout disparaît à travers la fenêtre de ce minuscule appartement. Comme une pensée usée.

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La fête des finie, prière de bien se laver les dents avant de dormir!

Sans_titre_1
C'était le dernier jour d'Art Paris hier. P'pa a pas mal filmé ce qui restait à faire, et au passage on a vu des potes à lui, parmi les innombrables galeries, qui, pour une fois, avaient une connotation internationale. Enfin, par rapport à la FIAC, qui a été un vrai fiasco question accrochage, dépense, organisation, c'était autre chose. Plus frais, plus jeune, plus moderne. Vous allez me dire, c'est une foire d'art contemporain. Mais alors que la FIAC puait la naphtaline, Art Paris m'a fait l'effet d'un petit bourgeon. Encore asséché, mais quand même. Une jeune femme m'a même posé des questions dans l'ensemble. Je n'ai pas changé mes positions pour l'instant, le service est toujours à chier, l'accueil moyen, et les oeuvres sauvent l'ensemble, jusque là, rien de bien bizarre. Comme d'habitude. P'pa a toujours dit que les Français construisaient beaucoup, mais qu'ils foiraient totalement niveau finalisation. Y a toujours un truc qui cloche : un fil qui pend, une jointure mal bouchée, un pan de mur qui s'effiloche, des câbles qui traînent, un tuyau venu d'on ne sait où. Le pire exemple était le Musée du quai Branly : un foirage total. Une architecture sans goût et sans cohérence, une finalisation de merde, des pièces mal usinées (c'est frappant dans certains cas), des brèches dans les mur, un accrochage plus que douteux. Même si P'pa n'a pas apprécié, j'ai beaucoup aimé l'idée de mettre les pièces sous verre. Ca, au moins, c'était audacieux.

Et puis 1h30 de queue, huhu ...

Sinon, les travaux continuent, mortier, truelles, moellons, briques, ciment, bitume, et blablabla ... tout le toutim, quoi.

Bon je file, j'ai un partiel en classe, si si si, c'est vrai, vraiment vrai.

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22/03/09

Baumes du tigre et banalités de la vie, absurde.

Je regarde Clannad en ce moment. J'avoue détester viscéralement les uniformes, japonais ou non, qui tiennent à mettre tout le monde sur la même échelle, ce qui conduit à quelque chose d'assez fasciste, les grands yeux très brillants et le style moe, je suis très surprise de voir un anime qui sort un peu des codes, tout en restant sur la corde des bons vieux standards romantiques japonais typiques de ce genre d'anime. Oui, on peut dire que c'est attendu et en même temps inattendu, mais c'est tellement efficace! C'est si doux, lumineux, chaud et romanesque, sans tomber dans la mièvrerie la plus totale (en sautant les génériques, qui, de toute façon, sont saupoudrés de sucre). Un anime comme ça me met du baume au coeur, me réconforte un peu. On se sent vraiment mieux quand on regarde un épisode.

Tomoya est un jeune voyou au lycée qui sèche souvent et qui passe pour un délinquant. Il a pour seul ami un trouble-fête et un paresseux notoire, Youhei, qui dit avoir explosé le taux d'absence du lycée. Un jour Tomoya rencontre Nagisa, une jeune fille qui se sent seule après son redoublement car tous ses amis sont partis du lycée. Elle apparaît comme une fille timide et pas très motivée, qui a besoin d'aide dans la vie. Ses parents gèrent une boulangerie dont les pains sont confectionnés par la mère de Nagisa, Sanae, piètre cuisinière qui vend des pains immangeables (ce qui ne manque pas de faire rire Akio, le père, que Tomoya surnomme affectueusement le "vieil homme"). Tous deux feront bientôt la connaissance de jeunes filles plus ou moins étranges mais sympathiques (l'une est dans un trip permanent "étoiles de mer", une autre est capable de mettre en pièces des motos, l'une tire les cartes ...), avec en parallèle un univers naissant qui abrite une jeune fille et un robot fait de pièces détachées. Cet univers a une importance dans l'anime : c'est la trame de l'histoire jusqu'à la fin.

Ce n'est que la première partie. La deuxième, celle que je regarde, c'est Clannad After Story, et c'est tout aussi bien que Clannad. On fait la connaissance de la petite soeur de Youhei plus en détail, et on se centre plus sur les filles qu'avant. J'en suis à l'épisode 8 et mon coeur est tout léger, léger, léger ...

Sinon mon glacier adoré que j'aime, Alberto, a réouvert il y a quatre jours. Je me suis prise une super glace au yaourt et à la fraise, histoire de fêter dignement ce printemps qui s'annonce radieux.

On a eu réunion de cellule aujourd'hui, ça allait.


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Boumtown.

Les gardes continuent de résister avec Ladytron. Les dragons forcent les portes. Si ça continue comme ça, il ne restera plus une pierre debout. Ca crache et ça fulmine, ça tranche, ça arrose, ça casse tout et ça ne laisse rien debout.

Mais ils ne résisteront pas.

Décidément, j'aime souffrir, ça doit être dans ma nature. Se sentir pire qu'une merde après un tel affront ... chapeau. On se croirait dans un film de science-fiction tellement c'est délirant. Une vraie bombe à retardement.

Ma conscience, qui arrive toujours au pire moment, me parle après des mois de silence radio.

- Ca avance le bouquin?

- Boof.

- Peur de quelque chose?

- Grand rush après-demain. Réunion de cellule à la Don Camillo demain. Et baisse de régime.

- De combien?

- Plus que son stade normal. - abysse comme d'habitude, mais avec quelques degrès en moins, plus que d'habitude.

- Prête?

- Non, non. Surtout pas.

- Et tu vas te laisser prendre au jeu?

- Euh ... non.

Elle a l'air complètement abasourdie. Elle n'en peut plus et veut savoir la suite.

- Très dur demain. Et après-demain?

- Le pire moment de ma vie, avec la peur en plus.

Elle disparaît, harassée de fatigue.

Le royaume, plongé dans la nuit, laisse entrevoir des torches enflammées. C'est la force des dragons qui s'expriment, métaphoriques apparitions d'une quelconque fureur, tenant à embraser la nuit noire qui engloutit, petit à petit, le peu d'humanité qui restait dans le château-fort. Il faudra du temps avant que l'accalmie ne revienne.

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Et maintenant, une page de pub!

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Il arriva ce qu'il arrive. Le gentil dragon fut vite éjecté de sa trajectoire pour laisser place à une flopée de monstres venus de Cracovie. Krak, le chevalier légendaire fondateur de Cracovie, a succombé.

A peine construit, le petit château-fort fut de nouveau détruit. Il y a peut-être un espoir de reconstruction mais il semble bien mince. Un ultime crachat de feu avait tout anéanti. Il ne reste presque plus rien, à part des pierres branlantes.

...

P'pa a rencontré un drôle de type au Grand Palais. Grand collectionneur d'art cinétique, un truc dont tout le monde se foutrait, pas moi, moi je respecte les artistes et leurs productions, je ne suis pas Christine Albanel, qui massacre tout ce qu'elle touche. Il a rétorqué que les autres ne reconnaissaient pas son amour pour cet art. Très énervé, il a affirmé : "mais tu sais, George, si je devais faire attention à ce que tout le monde dit, je serais foutrement mal en point. Et tu sais quoi? J'ai 80 ans, et je n'en ai RIEN A BRANLER de ce que ces petits pédés me disent par rapport à ce que j'aime! Si on accorde de l'importance à ce que tout le monde dit, on serait morts depuis vraiment longtemps! Je leur pisse dans la raie, bien profond, rien à foutre de ces connards!"

Puis, il me regarda bien profondément, histoire de dire "et je te conseille d'en faire autant, petite", avant de repartir, bien digne, en pestant contre Julio Le Parc et Lélia Mordoch qu'il déteste.

Un chameau plein de poux passe. Il a visiblement quitté le Sahara. Soufflée par tant d'audace, je reste sur place, pendant que P'pa filme bêtement les gens avec sa caméra. Il n'entend rien. Même pas mes murmures.

"Lovely Head" de Goldfrapp. Une vraie bombe apocalyptique, ce qui me renvoie à ma propre haine et à ma propre aigreur. A ma propre impuissance face à l'adversité et mon propre dégoût face à la société. Je me demande si un jour je guérirai. Finirais-je comme Christophe Mc Candless, retiré du monde dans la nature la plus sauvage, à écrire des phrases prophétiques? Ce pauvre homme était parti avec un fusil, du riz et toute sa tête et avait fini par mourir la bouche ouverte, face vers le ciel, avant que son corps ne soit retrouvé deux semaines plus tard par deux chasseurs d'élan. La malnutrition l'avait fauchée, et il reposait au milieu de la nature, comme il le désirait. Sans personne. Et c'est ce qu'il voulait. Rien d'autre.

Quelque chose de mouillé s'est soudain écrasé contre le clavier de l'ordinateur.

Comme s'il n'y avait pas assez de microbes comme ça.

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21/03/09

Non et le non ne l'emporte pas? Non.

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Faut croire que non.

 

Les gardes piquent un roupillon et s'en vont, alors que le petit château-fort sembe se reconstruire sans cesse. Il ne manque pas de main d'oeuvre, juste de courage.

Ca va prendre vachement de temps, non?

J'écoute Ladytron, ça tue le temps et l'aigreur de vendredi. Pour un temps. Après, je vais faire un petit zeffort, essayer de ne pas penser à autre chose que d'habitude, après, c'est une simple question de volonté, rien de plus.

Mais, dans la vie, faut pas coudre sa bouche, au contraire.

Comme si c'était facile à faire, tiens.

...

Bon, je vous sens dubitatifs. Je change de sujet, ça m'énerve, surtout qu'un autre gentil dragon a ramené sa fraise par ici et veut me parler. Bon, il passera au guichet et voudra une "confrontation normale". Je me tordrai la bouche et les doigts, regarderai mes pieds et esquisserai un pâle "pasmafautec'estoutc'esttoutjesaisc'esttonpotemaisjesaispascequec'estblablabla" sans aucune conviction.

...

J'ai rencontré trois chats hier. La compagnie des chats me calme toujours de l'enfer humain, c'est triste à dire, mais c'est comme ça. Vendredi, je communiais avec les mésanges et les feuillages, plus tard je parlais avec un chat qui répondait en ronflements, c'est parfait, c'est ce qu'il me fallait. J'ai pris des photos. J'adorais son visage, si expressif, avec des yeux étranges, une mer couleur crème brûlée avec des paillettes de piment rouge dedans, une mer dorée où se perdent de mystérieux ilôts de feu. Je n'ai pas pu résister à la petite bête bien fatiguée, à la fourrure couleur lie-de-vin aux reflets légèrement pourpre. Entretemps, P'pa parlait avec un énième artiste dans une bâtisse en ruine dans le 13ème arrondissement. D'anciens frigos de la SNCF.

En rentrant à la maison, j'ai craqué de la tension nerveuse du vendredi et de la semaine en général. Et puis j'ai appelé M'man, pour le fun.

Plus tard dans la soirée, j'ai eu des retours de bâton. Inévitables me diriez-vous. Mérités aussi.

(euh, ça suffit)

Là, je me casse le cul à faire de bonnes lettres de motivation, où il faut, en général, répéter ce que tu as fait dans les autres lettres, en changeant certains détails (comme c'est le cas pour Boulle). Je dessine aussi, un peu. Je me suis forcée à faire un dessin à un autre type, qui a brusquement arrêté d'être cynique tout le temps et qui a paru content de ce que j'avais fait. Pour une fois. Je vais peut-être le scanner.

Je suis en train de changer très très très très lentement. Ca ne se note pas vraiment, mais je sais que je peux changer. Seulement, c'est très lent. Pas assez de conviction encore. Je me sens comme Camille Fauque dans Ensemble c'est tout, plusieurs carapaces. Le fait d'être avec les autres me force à épaissir de plus en plus de carapaces pour éviter de souffrir inutilement. Le comble du malheur c'est que j'ai longtemps cru qu'en étant méchante et injuste, vindicative surtout, m'aiderait à souffrir moins. Je me rends compte que c'est faux. On souffre d'autant plus. C'est un cercle vicieux où on n'aperçoit pas la tangente comme dirait l'autre prof de maths que j'avais il y a 1300 ans déjà.

Mais le pire, c'est que je fais rien pour arranger ça.

...

Bordel de dieu, pourquoi c'est toujours dans ces cas-là que j'ai de l'inspiration?

(Euh, un dragon est là, j'arrive, j'aaarrriiive.)

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Ouaaah! Le réveil.

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Après avoir englouti du Milka, les idées s'éclaicissent un peu. Il est temps de mettre les choses au point.

- La galette faite par Goldfrapp n'est pas une sombre merde, mais plutôt un très bon disque pop, un peu à l'opposé de ce que j'attendais (c'est peut-être la raison de ma colère, mais étant donné que le groupe répète sans arrêt que c'est le public qui doit s'accommoder des goûts de l'artiste et pas l'inverse ...). Ca aurait pu être mieux.

- Ladytron n'est pas non plus une sombre merde. C'est juste un énième groupe d'électro-pop britannique, qui plus est, bon, très bon, prometteur, mais qui aurait pu être mieux. Dans un film, s'ils faisaient la BO, ils seraient très bons, le tempo de leur musique irait très bien avec des films arty un peu louches.

- Quant aux autres là, la reconcha madre de puto cabrones, euh ... euh, j'y reviendrai plus tard.

- On n'est pas censé parler de ça un samedi, et encore moins le dimanche, mais sinon, je n'ai pas l'esprit tranquille.

- Et puis au fond, j'ai réfléchi ... qu'est ce que ça peut faire? C'est méchant de dire, mais au fond ... lorsqu'ils deviendront célèbres, alors là, peut-être que j'irai pas jusqu'à prendre le risque de comparaître devant les tribunaux. C'est une BA-GA-TELLE, capisco? Ils disparaîtront dans le flou de l'existence, comme ils étaient apparus. Si je traite l'autre de vieux canasson et que je dis que l'autre n'est pas gentille, c'est mon droit. Après, le fait de se retrouver sur Google Images, ça, c'est une autre histoire ... je n'avais pas prévu ce revirement de situation, parce que je suis naïve voilà tout. Bon, ce matin, c'est apparu et ça a disparu, c'est à n'y rien comprendre! Lorsque la vie DEVIENT EMMERDANTE A CHIER, on ne se prend pas la peine d'aller allumer le gaz pour tenter une folie! Si c'était le cas j'aurais fait ça depuis longtemps! Ah ça oui!

- Le fait d'avoir un blog, c'est, c'est drôle à dire, mais ... ça me permet de vivre. Vivre. Oui, c'est con à dire. Le fait de se sentir comme une merde dans la vraie vie et de se sentir reine sur mon blog. Alors ... quand ça a commencé à gueuler, c'est comme si mon petit château-fort avait été forcé. Les suzerains avaient disparu, et les paysans enfuis. Un affreux dragon avait pourfendu les gardes et avait écrabouillé de ses pattes un rempart du château avant de brûler quelque chose de précieux et qui commençait à se construire.

Et le dragon pensait que les gardes allaient laisser tomber. NON.

Les gardes ripostent, ripostèrent, et riposteront. Toujours.

Tant qu'il y aura des dragons, il y aura des gardes pour préserver les petits châteaux-forts à moitié détruits.

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20/03/09

Le ver est dans le fruit.

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Bon. Je n'aurais jamais du aller aux Buttes-Chaumont. Ca ressemblait à des scènes de Reservoir Dogs où l'un voit l'autre pour se demander de quelle façon il va le buter. Les deux personnes souriaient, elles avaient le sourire de quelqu'un qui verse de l'arsenic dans la tarte à la crème.

D'ailleurs, il n'a pas arrêté de faire des gestes et des grimaces dans ma direction (joli Browning à cinq coups, où es-tu? Hein? Tu t'es barré?), alors j'en ai profité pour prendre de jolies photos. C'est toujours dans des états d'âme pourris que je fais de bonnes choses. C'est insensé. Enfin. J'avais une bonne lumière et tout et tout, de jolis arbres, des feuilles, des r ...

Je ne supporte plus. "The Reason Why" de Ladytron a l'air d'être une mauvaise blague et martèle ma tête de "lalalala" laconiques. Brusquement, des gouffres d'eau envahissent bientôt mes yeux et je me dis si je suis une ordure ou une sainte. Entretemps Elsa m'appelle, ce qui me revigore un peu. Mes yeux mouillés parcourent lentement les arbres, les fleurs à la recherche d'une bonne photo à prendre. Au final, je n'aurai même pas dessiné un bout de feuille, pas envie c'est tout.

...

De toute façon, il fallait bien que ça arrive. Je n'ai jamais vraiment été gentille avec mes semblables. Trop tristes, trop joyeux, trop bêtes, trop intelligents. C'est trop douloureux de ma part, d'essayer de les comprendre, de parler avec eux. Une fatigue incommensurable me saisit et c'est trop tard, je ne peux plus me forcer. C'est fini. Plus d'envie. Cela me rappelle trop de coups bas de mon enfance, trop de chagrin. Je préfère les observer tristement de loin. Et m'imaginer des choses.

Ils pourront toujours courir, maintenant, pour que je ferme tout ça. J'ai déjà pas mal déménagé de blogs en blogs et je suis fatiguée de toujours et toujours faire attention. Maintenant j'en ai marre. S'ils ne sont pas contents, ils n'ont pas qu'à lire merde! M'man dit qu'on ne peut pas aimer tout le monde ici, mais eux alors là c'est vraiment gratiné, Elsa a vraiment raison parfois!

Tiens, encore des adresses IP en banlieue, ça devient de pire en pire.

Une vraie conspiration.

Sinon, Murua m'a raconté une fois que des filles de lycée s'étaient opposées à sa fille aînée et avaient créé un blog pour l'insulter à loisir. Le directeur de l'école les avaient ordonné de l'effacer tout de suite. C'est ce qu'elles ont fait.

Je vous le dis, une vraie conspiration.

Ils pensaient que j'allais arrêter s'ils réagissaient comme ça, comme un clown qui fait une blague à un enfant avant de lui foutre un coup de poing en pleine gueule. Ils pensaient que j'allais m'assagir et ne plus les insulter.

C'est raté.

Posté par Nothing Nothing à 20:41:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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