.: ONLY / GREY :.

Lonely people in a lonely country.

30/10/09

Betty bought a b...

L'idéal. Un petit endroit. Avec tout ce qu'il faut dedans. Vivre à l'intérieur. Et essayer de ne PAS PLOMBER L'AIR.

On peut toujours rêver.

Et pourquoi pas? L'esprit de ce blog s'essouffle comme la bougie sur le bec d'une lampe à huile. Hier je me suis tapée un excellent documentaire sur les teen movies à Hollywood (et que ma chère tante affectionne particulièrement) et ça n'a pas calmé ma rage : COMMENT PEUT-ON FAIRE UN FIIIIIILM?!

(Et je n'ai pas arrêté d'avoir "Road To Rouen" de Supergrass dans la tête, ce qui signifie que je suis complètement cassée. Et imaginez donc la satisfaction immense lorsque vous l'écoutez enfin, mmmh.)

Je suis à Drouot maintenant. C'est marrant de voir des gens s'affairer, soupirer, pinailler, prendre en photo, parler, gesticuler, bouger, s'arrêter, souffler encore. Ca va bientôt fermer, raison de plus pour admirer l'homme en action (euh...)

...

Ca semble bien terne en ce moment, un instant j'avais cru entrevoir...

Bah rien.


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23/10/09

Instance de séparation imminente.

Supprimé les anciens articles. Tout cela n'est que de la pure esbrouffe.

Je suis d'une humeur de chien depuis pas mal de temps, j'ai même craqué, c'est pour vous dire. La recherche d'appart a été une vraie merde : la propriétaire nous a cuisiné comme si P'pa était un voleur. Il était furieux car il avait perdu un tableau à Lisbonne (qu'il a heureusement récupéré le lendemain, et le type ne savait pas où était le Grand Palais). Du coup, je me retrouve sans rien. Sauf avec cette idée stupide de se faire des histoires pour rien. Qu'ils aillent tous se faire foutre.

Du coup, je n'en pouvais plus. Heureusement que Claire, la fille de C1, était là. Elle n'a pas pu m'aider mais j'ai apprécié l'initiative.

Je me retrouve donc sans rien, comme avant. Mais je ne compte pas rester comme ça longtemps. Il faut faire quelque chose. Mais quoi?

Ai marre, je vais les Inconnus. Ca va me changer les idées.

PS : Ce blog ne tiendra pas longtemps. Forcément.

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04/10/09

Rien de fabuleux (gnnn, se casser d'ici).

Marre de Lyon, bien entendu. Après tout, cette ville m'a toujours tapé sur le système, dans la durée. Huit ans, et votre cerveau se bousille. On peut partir de Paris pour la province, et ne plus jamais y revenir. Parce que si on revient, ça vous bousille tout, ça vous crame les repères. Car Paris ne cesse de changer. La province fait des choses en dix ans ce que Paris fait en trois ou cinq. A vous de juger.

J'ai trouvé il y a quelques jours un félin comme on en voit peu par les temps qui courent : petit, agile, un peu trop maigre, avec le pelage beige, assez sale, la queue rayée de marron, des yeux bleus, très purs, comme de l'eau gelée, de très beaux yeux qui ne cessaient de me regarder. Un tout jeune chat chapardant de misérables miettes de pain. Lorsque je me suis approchée, il s'est enfui. Je ne sais pas si je le reverrai un de ces quatre. Je songe à appeler la SPA de Brignais pour demander si on peut le capturer S'IL N'A PAS de tatouage.

Je l'ai déjà appelé Grits, l'autre nom du porridge, en raison de son pelage.

Etait-ce un signe?

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30/09/09

Une matinée plus qu'étrange.

Sans_titre_16H45 : En bas de ma patronne, Monplaisir Lumière. Le petit s'est levé. Il avait faux à sa fiche de géographie. La mère corrige, visiblement exaspérée de son manque de motivation. Le petit crie. Je jete un regard vide à l'ordinateur, éteint, une première. Je demande ce qui s'est passé exactement. La mère ne sait pas trop. Virus? Non, il y avait un commis d'office sur l'ordinateur. Surchauffe du processeur? Sûrement, la mère n'éteint jamais l'ordi. Je suis estomaquée. Pas étonnant qu'il ait grillé. Enfin. C'est l'heure de partir.

7H00 : Arrivée à Bellecour. Un épais troupeau bêlant court les rues. A cette heure, c'est ultrarare. Au moins une trentaine, voire plus, attend le bus 30.

7H20 : Arrivée de ce gn@çé*ù$ de bus de ****. Les gens poussent. Comble de l'horreur, PAS DE DEUXIEME WAGON. On fait comme on peut : c'est-à-dire, en criant et en poussant. Nous sommes, le petit et moi, ratatinés sur nos sièges. Tout le monde ne va pas à Saint-Just. Tous les chemins ne mènent donc pas à Rome. J'en conclus que ce n'est pas gagné d'avance.

7H40 :
Arrivée de ce gn@çé*ù$ de bus de **** à St Irénée, le point culminant de l'Enfer En Fin De Journée Si Tu Vois Ce Que Je Veux Dire. Le petit babille comme c'est pas permis, sûrement pour cacher son angoisse. Désespérée mais heureuse, je l'embrasse en me disant que pour moi, ce n'est pas gagné d'avance DU TOUT.

7H45 : Un 46 passe. Bondé. Ravalant ma rage, j'attends.

8H00 : Un autre 46 passe. Je le prends, avec sur mes talons une fille désespérée.

8H20 :
Arrivée de ce gn@çé*ù$ de bus de **** à Perrache, après plus de vingt minutes de défilement de voitures, car il y a PARTOUT A LYON un trafic monstre, bouchant tunnels et avenues, avec son lot d'automobilistes armés de battes de baseball et de hurlements de début de journée. Non, vous avez bien entendu : un automobiliste hier a tenté de frapper des manifestants qui bloquaient des bus à Manufacture des Tabacs. Il n'y aurait pas eu de blessés, le type ayant été reconduit dans sa voiture. Mais les manifestants n'ont pas le beau rôle dans cette histoire : certains ont jeté des oeufs sur des bus en fonctionnement. Sidérée, je prends le tram T1. Avant je prends soin de demander à un agent si le 46 marchera demain.

"Ah non, madame. Le dépôt de bus a brûlé à Perrache."

"QUOI?"

N'ayant pas le temps, je monte dans le tram.

8H21 : "En raison d'une manifestation, le tram T1 est limité à Liberté." Horreur chez ceux qui montent sont dans le T1.

8H25 : C'est une foule immense qui se presse vers le T1 à Guillotière (connexion avec la ligne D). On n'est pas sortis de l'auberge. Une fille avec des écouteurs s'asseoit à côté de moi et j'aperçois deux filles derrière avec une mère en train de papoter. Briseuse d'espoir, je dis à la jeune fille que le tram s'arrête à Liberté. Elle me regarde, interloquée : "QUOI?". Oui, c'est bien ça et pour une durée indéterminée. "Mais c'est pas vrai! Je viens de Vénissieux! Ils nous emmerdent avec leurs manifs à la con!". La jeune mère se retourne vers moi et je répète l'info, peu sûre de moi. Elle se décompose. Les deux jeunes filles sont sidérées.

8H30 : Je prie pour qu'il aille jusqu'à Part-Dieu. Comble de l'horreur : le conducteur demande à tout le monde de descendre à Liberté. La jeune mère est ratatinée, pince les lèvres et sort d'un pas très (trop) vif. Les deux jeunes filles ne savent pas où se trouve Part-Dieu. Une vieille dame est enragée, ses deux valises avec elle. Bon prince, je leur demande de me suivre. On n'est pas sortis de l'auberge.

8H35 : Je papote avec les deux filles. Elles viennent de Couzon et leur mère les a déposé à Perrache. Elles suivent une formation santé au lycée de santé vers la Part-Dieu.

Curieuse, et même avec la haine de Rhône-Alpes, je demande où se trouve Couzon.

"Oh, c'est juste derrière St Romain Au Mont d'Or"

(Entre parenthèses, qui est derrière Collonges Au Mont d'Or, qui est derrière Saint Cyr Au Mont d'Or, qui est derrière Caluire et Cuire, qui est derrière l'arrêt du C.)

...

"Euh..."

"..."

"S...Saint Romain... Au Mont d'Or?"

O.O (zoom nécessaire)

"Mais c'est AU CUL DU MONDE!"

Les deux filles rient.

"On n'avait pas trop le choix."

8H50 : Arrivée à Part-Dieu, avec son cocktail d'étudians désoeuvrés, errant vers les arrêts de bus, les salariés démotivés et les personnes âgées aigries. Mais en fait, ce n'est rien de tout ça : la station Part-Dieu est VIDE. Les deux filles me remercient beaucoup, la vieille dame également (elle soufflait beaucoup). Estomaquée, je regarde plusieurs minutes. Il n'y a pas un chat vers Part-Dieu, rien que des feuilles qui volent, des agents TCL face au désert et des snacks moroses même pas ouverts.

C'est Tchernobyl durant l'attaque. Sellafield dévastée. La Sillicon Valley dépourvue d'étudiants. Le vide intersidéral.

9H
: Fin du calvaire. Arrivée à la maison, je regarde les sites web avec son lot de discours haineux, de personnes fatiguées, de mamans désoeuvrées, de salariés démotivés. Une manifestation des usagers est prévue à 14H, samedi, à Bellecour. J'irai. P'pa m'appelle, sûrement pour savoir si j'allais bien. Il me confirme que le dépôt de bus TCL à Perrache a brûlé, dévastant 34 bus sur 80. Vers 3h du matin, c'était un vrai calvaire pour éteindre le feu. Pas de blessés, heureusement. Mais des usagers se sont disputés avec des manifestants. Je ne dis rien, je suis de très mauvaise humeur. Tout le monde est sur le qui-vive, je suis écoeurée face au désespoir de ceux qui habitent trop loin de Lyon, car tous les bus S'ARRÊTENT à 19H, ou plus.

La matinée n'étant pas gagnée, le retour sera désastreux, car on est mercredi.

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26/09/09

Apologize her, please.

Là maintenant, étant donné que j'ai les fesses en bouillie GRACE à TCL Centre de Remise en Forme pour 99 jours de Grève, je me mets à réécouter Mylène Farmer, un truc qui ne m'était pas arrivé depuis mille trois cents ans. Rien à faire, toujours bien, toujours une aussi belle voix qui apaise et tiraille, toujours superbe, toujours Mylène, quoi.

Beaucoup trop de gens la détestent. Pourquoi?

Enfin bref.

Demain, japonais, mais étant donné que le métro B est fermé et que rnnngtudjuraaahbêêêh c'est naze de chez naze, va-t-on être obligé d'y aller à PIED? Le 47 y va, mais le premier arrive... à 13h47. Foutage de gueule intégral!

M'en fous, ON A UN APPARTEMENT. A Paris, oui, vous ne rêvez pas.

Je l'savais, la fin des angoisses. Enfin une vie normale. On peut respirer.

Qui sait.

(Pas d'photos, la flemme, je suis pleine de courbatures.)

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24/09/09

La nullité incarnée.

Sans_titre_1

L'ampleur de la catastrophe, vers le matin.

Beaucoup de questions durant ces vacances, et le "september-break". Une chose vient souvent dans mon cerveau.

Je ne sais pas si Lyon me hait autant que je ne la hais.

Une grève putassière durant tout le jour. Je suis partie de chez moi à 7 H 30. J'ai pris mes dispositions pour emmener le petit à Saint-Just. Seulement, le 30 était le seul putain de bus vraiment potable à prendre. Seulement, près de trente personnes l'attendaient, compteur en main. Il a fallu attendre près de 30 MINUTES pour qu'il vienne pourvu de deux wagons. Du jamais vu pour Lyon. Deux wagons. Incroyable. Descendus du bus, il a fallu monter la rue et traverser une route dangereuse.

J'ai préféré, vu l'ampleur de la catastrophe, redescendre Saint-Just à pied. Puis, prendre le tramway en direction de chez moi.

Arrivée à la maison : 9H55. Du jamais vu non plus.

Retour à l'horreur vers l'après-midi. Toujours aussi chaotiquement, j'ai réussi à venir à l'heure et récupérer le gamin. L'horreur a atteint son point culminant vers le soir. Arrivée à l'arrêt : 18H10. Arrivée du bus : 19H30. Soit près d'une heure vingt. Record battu à Lyon. Je n'en pouvais plus de rage. J'ai préféré m'asseoir plus loin. Mais cet enculé de bus s'est arrêté à Perrache, et pas à Bellecour, ce qui signifie que j'ai du marcher avec le gamin jusqu'à Bellecour. Le gamin était fatigué, j'étais sur le point d'imploser. J'ai du avaler encore une fois de sombres pensées. Arrivés au métro, j'ai pu m'affaler sur les sièges poussiéreux du MAGGALY, le fameux métro lyonnais.

Arrivée à la maison : 20H15. J'ai même eu la force de faire les devoirs pour demain.

Arrivée chez moi : 20H45. Plus jamais ça.

En fait non : vendredi, même galère. Et ça pendant trois mois. TROIS MOIS. C'est d'une telle nullité que je ne sais même pas si je dois rire ou non.

Pour couronner le tout, j'ai reçu un e-mail cinglant de l'école me demandant de payer l'école au plus vite en évitant d'avoir l'air pressé. De mauvaise humeur, j'ai écrit une réponse bien sentie, en m'imaginant traverser Perrache comme une dératée en sautillant de droite à gauche sans se faire écraser. Au moins, lorsque ce sera la rentrée, je cesserai de me tracasser pour ces abrutis de fonctionnaires qui ne pensent à leurs miches. Ceci fut décidément une journée de merde.

Je repense surtout à cet instant de 20H15, alors que des gens faisaient barrage à un 30 car celui-ci s'arrêtait à 19H30 de travailler et ne voulait plus prendre de gens. Il y avait trente personnes de plus que ce matin, et la plupart étaient enragées. Tout ce petit monde est resté de marbre devant l'arrêt, avec le 30 qui partait gaiement vers d'autres horizons. Je ne songe même pas comment ces personnes sont rentrées.

Saint-Just, la nuit, ça craint. Francheville, la nuit, ça craint VACHEMENT. Oullins, la nuit, ça craint VACHEMENT PLUS.

J'ai beaucoup réfléchi après. Je me suis dit qu'une ville de rien du tout comme Lyon fait quand même CHAQUE ANNEE une grève de cet ampleur. Du jamais vu en France. A croire que c'est la poisse d'habiter la ville. Et après on critique Paris. Au moins là-bas, tout le monde est tellement fauché, mal habillé et mal nourri qu'on ne se permet pas de se dresser comme des petits coqs en criant aux heures sup'. Si une grève comme celle-ci arrivait à Paris, elle serait matée au bout de deux-trois jours, maximum cinq. Et encore, tout serait assuré. Mais à Lyon, il ne se passe RIEN, personne ne fait RIEN, tout le monde s'en FOUT.

HAHAHA, les gens s'entredéchirent sur Internet maintenant!

 

De toute façon, en rentrant, je m'achète une paire de jumelles, du beau papier, je ne parle plus à personne. Je promets de mettre tous les jours de la crème contre les crevasses, de manger sainement. Je vais parler aux rouges-gorges en essayant d'apercevoir Jean-Benoît Dunckel en train de faire son footing le matin..

On peut toujours rêver.

(La vie à Lyon me paraît aussi bizarroïde qu'un film de Dario Argento.)

Du coup, je ne sais pas si je hais Lyon autant que je ne me hais moi-même.

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19/09/09

From The Stars.

En polvo, estoy en polvo.

Vacances job continuent. Toujours. J'étais en morceaux sanguignolents hier, tout ça à cause des transports lyonnais de mon c**, parce que je devais accompagner le plus petit à Vénissieux et repartir aller chercher l'aîné à St-Just. Seul problème : le vendredi soir, le périphérique est hyper bouché. Non seulement j'ai du attendre dix minutes avant que ce putain de 35 arrive, mais une queue interminable de voitures s'est posée vers Bellecour. Résultat : j'ai raté le 30, courant comme une malade. Ce qui m'a sidéré, c'est le fait que des commerçants implantés ici ne savaient pas comment se rendre à St-Just! (c'est juste en face!) Ravalant ma rage, je vois un autre 30 arriver. Mais comble de l'horreur, il s'arrête derrière le collège. Et qui voilà une fois arrivé en haut? Le 46, lent et imposant. Je le prends, et vois enfin le pauvre petit regarder autour de lui avec une jolie maman dans une voiture aussi grosse qu'un buffle. Ni une ni deux nous allons dedans car la mère nous l'a gentiment proposé. Retour Bellecour, et retour aux ennuis. Il est près de 19H15 et le petit m'appelle de Vénissieux. Sa grand-mère l'a pris avec elle dans la voiture, je n'ai plus qu'à rentrer à la maison. C'est avec un soupir de soulagement que je prends la ligne D vers Lumière (et vers la lumière, ohlàlàlà le big jeu de mots).

Rentrés à la maison, ils préparent gentiment leurs bagages : leur oncle les héberge pour le week-end.

J'ai des courbatures à n'en plus finir.

Ca va, là, grâce à la cure intensive de tortilla espagnole et de salade.

(Le titre du blog est une chanson des White Lies, groupe super découvert au festival les Inrocks. Très beau, très lourd, très sombre. Un diamant noir)

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16/09/09

Tout gris.

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Ce n'était pas un nom de chat. Les chats n'ont pas de noms aussi débiles.

(Je pensais surtout à des trucs comme Chouchou, Doudou, ou Cotonou. Et me souviens qu'une amie d'Elsa a appelé le sien Van Gogh. Elle a du goût cette petite.)

Je suis vraiment fatiguée. Mais heureuse quand même : ces enfants débordent de joie de vivre. Saint-Just, ça a beau être joli, c'est tout de même pénible pour y accéder. Déjà, Perrache, une gare bondée aux heures de pointe, avec son cocktail d'odeurs atroces de pain chaud et de saleté. Puis, le 46, qui, entre nous, vient tous les trois mille ans, avec son lot de mauvaise humeur, de filles mal élevées et d'odeurs rances. Lyon, c'est assez odorant comme ville, vous vous y ferez.

Hier, j'étais sur les dents. Trois petites putes poussaient un pauvre homme qui montait dans le bus avec nous. Il se retourna d'un air fâché et cria : "vous arrêtez de pousser, espèces de mal élevées". Car mal élevées, elles l'étaient : que des gloussements de poule et des coups de coude dans tous les sens. Une s'est même permise de se moquer de moi, devant le nez du petit, déjà bien fatigué. Une autre s'est permise de critiquer l'accoutrement d'une vieille femme. Histoire de faire chier le monde, elles sont descendues comme tout le monde à Perrache. Il s'en est fallu de peu pour que je frappe quelqu'un, mais le petit était là. J'étais sur les dents. Je suis rentrée chez moi en morceaux, en bouillie, en crème anglaise, en frites McDo, en purée, en oeufs brouillés.

Il n'y avait pas de devoirs en rentrant. Mais je me suis sentie défaillir lorsque la dame m'a demandée de rester à Vénissieux pour l'autre petit. J'ai prétexté que ma mère était de mauvaise humeur et devait se rendre au barbecue qu'avait organisé les voisins. Elle m'a laissée partir. Ouf.

Mais vendredi rebelote.

... il y a des jours où Lyon m'agace. Ce bus m'agace. Ce putain de St-Just m'agace. Cette ville a encore des efforts à faire. Dire qu'on a attendu les années 80 pour avoir une Part-Dieu et une gare digne de ce nom. Et 2007 pour les quatre lignes de tramway!! Et je ne parle pas des bus! Et des rénovations! Enfin, ce n'est pas mon problème.

Paula, la concierge, est venue me voir pour me demander pourquoi ma mère n'était pas venue au barbecue. Elle n'y était pas allée, finalement, vu qu'il pleuvait (alors qu'il faisait super beau à Paris, n'importe quoi). Elle m'a lancé un drôle de regard, j'ai du bricoler un mensonge. Je lui a dit surtout que ma mère n'aimait pas rester dans le hall. Ce à quoi Paula a répondu : "mais enfin, le barbecue était dans le jardin, et il pleuvait un peu, c'est juste les gens qui sont restés dans le hall". Elle a eu un petit rire, et m'a regardée d'une manière que je n'ai pu interpréter par la suite.

...

Paris, de l'air. VITE.

(Je ne travaille pas cet après-midi, car le petit est à l'hôpital, et l'aîné est chez un copain).

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14/09/09

Lyon, ville ronronnante.

Sans_titre_1Lyon, donc.

Ancienne capitale romaine du nom de Lugdunum, donc.

Monuments, style de vie, remarques, etc. :

Ce qui signifie que cette ville possède des hauteurs, Fourvière et Saint-Just. Sur l'une se trouve le fameux amphithéâtre romain de Fourvière, où se déroulent des pièces, des concerts, de lectures. Les Nuits de Fourvière se déroulent là-bas. J'ai pu voir Damon Albarn et tout la clique TGTBATQ en haut-de-forme. D'après certains commentaires sur Internet, il était visiblement plus volubile à Lyon qu'aux Eurockéennes. Il nous a d'ailleurs gratifié d'un "it's a beautiful place here." Oui, ça explique pourquoi Môssieu est venu deux fois là-bas ET SURTOUT AVEC BLUR QUE J'AI RATE.

Mais je m'égare.

Saint-Just possède le fameux centre scolaire Saint-Marc, dont le collège, où Jean-Baptiste Maunier, la tête à claques des Choristes, a été découvert. Maintenant, cet idiot est parti pour New York. De Lyon, ou plutôt de Ste Foy les Lyon (banlieue proche, de riches), à la Big Apple, il n'y a qu'un pas. Enfin bref.

Saint-Just ressemble à un petit village avec ses maisons en briques ou en vieille pierre, ses rues descendantes, ses buissons, ses petites fenêtres colorées, ses boulangeries bleu layette et ses fleurs resplendissantes. Des enfants folâtrent, les parents se soûlent au Coca Light en les regardant d'un air bête. Des Ipod boys et des Iphone girls les rejoignent, s'achetant cochonneries and co pour recharger leur énergie perdue à bavarder en cours sur la téléréalité et la nouvelle vidéo du cousin sur Youtube. Les voitures passent, souvent trop vite. C'est un bel endroit.

Lyon, c'est bien, comme je disais précédemment, si on reste à Lyon (n'est-ce pas la même chose partout en France?). Parce qu'en dehors de Lyon, euh, c'est plus fâcheux. Lyon vers la Part-Dieu, par exemple, c'est bien. Vous avez le centre commercial avec un grand Carrefour, Decitre, Fnac, etc. Bref la civilisation. Seulement, la Part-Dieu souffre de son succès. Parce que certains jours, on a l'impression de voir tout le Rhône passer par là, te poussant sans vergogne et hurlant. Que dis-je le Rhône, mais carrément l'Isère et l'Ain le week-end (plus grave). Mais c'est une jolie balade, avec d'agréables restaurants. Seulement, ne pas se faire trop d'ennemis, parce que les représailles, ça saigne. Un peu.

J'oubliais le symbole de Lyon, le repère infaillible, le petit charme en plus : la tour Crayon! Ce Crayola géant héberge le Crédit Lyonnais et le Radisson Hotel, un hôtel cher et inaccessible, sauf par des touristes japonais fortunés. Assez imposant... Sa voisine qui commence à naître s'appelle la Tour Oxygène et c'est très joli.

En dehors, RIEN. Si je fais le compte, Saint-Priest a ses avantages : un grand Auchan avec un Flunch, des magasins et puis un grand parking. Et c'est tout. Le reste est un ensemble de maisons au charme rustique. Idem pour Caluire (où Jean Moulin a été arrêté), Tassin, et Merde-Sur-Jarrest.

Puis Vaulx-en-Velin, avec son triste exploit d'avoir été une des premières banlieues à s'être enflammée au début des années 90, montrant le désastre social et économique de ces cités-ghettos. Décines, avec ses maisons de retraite glauques et ses immeubles qui vous encerclent, Villeurbanne, ses immeubles effrayants et énormes et ses infrastructures vieillissantes, et enfin Vénissieux, avec une quantité anormale de voiles intégraux, un vide intersidéral dans certains endroits, des enfants traînant dans la rue. Souvenir mémorable à un Ed du coin, histoire d'acheter du soda frais et je tombe nez à nez avec deux femmes couvertes, c'est-à-dire gants en cuir et lunettes. LUNETTES. Avec en plus un garçon qui surveillait les gens qui regardaient de trop près ces deux femmes, pour nous faire passer pour des racistes. Choquée, je suis partie et décidée à m'aérer.

Bon, Vénissieux a également un excellent marché où on vend un excellent fromage de chèvre frais paysan s'il vous plaît, du pain frais, des fruits frais, et des choses idiotes comme des serre-têtes, des cintres, ou des chalumeaux pour la cuisine.

Lyon 1er est comme le quinzième arrondissement de Paris : on se la pète. Grave. Lyon Septième est pire, avec son lot de lycéens arrogants adeptes de la Gucci Mania, luttant contre leur mal-être en guenille Galliano, sabots Hermès et fourche Prada. Les bâtiments ont un charme séculaire, le Palais de la Bourse est immense, et intriguant avec sa dalle rouge où le président Carnot a été assassiné par un communiste illuminé. Le Lycée Ampère est en lui-même un musée : voyez plutôt la salle des délégués. Une grande salle avec derrière les vitres des stétoscopes, des microscopes et autres choses compliquées finissant par scopes. Des planisphères en argent s'il vous plaît, des bobines de fils, et, paraît-il, des objets ayant appartenu à Ampère, le créateur de l'unité de mesure.

Lycée Ampère, lycée preeestigieux. Un des plus vieux établissements de France, un des meilleurs collèges-lycées de Lyon. De là sont sortis des génies génies (Ménestrier, André-Marie Ampère, Robert Badinter), des amuseurs publics (Jacques Martin), des cancres devenus génies (Baudelaire), des salauds (Daladier, bras droit de Pétain), des faux salauds (Raymond Domenech XD). Bon niveau, excellents profs. Rien à dire, à part que je me suis royalement fait chier. Mais je le voulais.

Place des Terreaux avec son fameux musée des Beaux-Arts où se trouve un énorme Nicolas Poussin : La Fuite En Egypte.

Le reste de Lyon est pareil à lui-même : croissance ronronnante, rénovations allant bon train, façades en verre, gens pressés.

Le quartier de la Guillotière, avec sa prolifération de kebabs, de bazars africains et arabes et ses rues sales ressemble à un petit Barbès. Ne pas manquer ses fameux marchés où on trouve de tout, des galettes turques, des vêtements pas chers, des ustensiles au prix défiant toute concurrence... Pas très loin de là, en face de la fameuse Piscine du Rhône (avec ses insectes aux nombreuses pattes flottant dans l'eau et ses enfants bruyants), le quartier chinois, avec d'excellents restaurants et bazars.

Le "Saint-Germain des Prés" de Lyon se situe vers Brotteaux, avec des gens chics, des hôtels huppés, et des grands noms du Moyen-Âge, de la noblesse d'épée de la Renaissance, des magnants de l'immobilier du 19ème siècle. Avec son fameux Parc de la Tête d'Or, que j'ai du voir un milliard de fois (pas autant que Vincennes), l'un des plus grands de France.

Et enfin, tout comme Paris, certains quartiers à l'origine populaire ont tendance à devenir bobo, tel que le 20ème arrondissement de Paris, c'est le cas de la Croix-Rousse (d'où Virginie Despentes tient son nom, les "pentes de la Croix-Rousse") qui était un ancien quartier de canuts, ceux qui s'occupaient à filer la soie durant le 19ème siècle. Sylvie Testud est née là-bas.

Bel endroit pour connaître le coeur du coeur de la ville : le Vieux Lyon. Quartier au charme médiéval avec ses boutiques d'épées et d'armures, aux sombres ruelles étroites où semblent s'échapper des odeurs venues d'autres temps... poison destiné aux descendants de la Couronne? Elixir de longue vie? Potion contre la peste? Ne rêvons pas. Mais ce serait un sacrilège de ne pas admirer les portes, fenêtres, petits passages sinueux et tortueux de ce quartier pittoresque et tellement chargé d'histoire. Avec, en prime, de belles boutiques de pierre précieuses...

Petit bonus :

- Rousseau se serait fait draguer place Bellecour par... un homme.
- Victor Hugo, et bon nombre de littéraires français détestaient cette ville à l'architecture "vaguement italienne, trop copiée pour convaincre, avec un côté germanique".
- Les restaurants lyonnais s'appellent des "bouchons". Ces restaurants se trouvent rue Mercière.

Bonnes adresses :

Le Rond de Serviette de Sam:

Cuisine typiquement lyonnaise avec les quenelles, les andouillettes, les saucisses en sauce, la fameuse salade lyonnaise avec lardons, oeuf poché, croûtons, gratons (morceaux de porc cuit, salé et frit), sauce au Beaujolais et fromage aux herbes appelés "cervelle de canut". Bon service, desserts impeccables, prix raisonnables (le bouchon a toutes les fourchettes de prix, du plus raisonnable au plus onéreux). Attention à l'attente : réservation conseillée sous peine de longue attente. Attention à l'escalier noueux.

6 rue des Marronniers
69002 LYON


Galité Beauté:

Des prix imbattables en matière de cosmétiques!

52 rue Victor Hugo
69002 LYON


Decitre :

Franchise de librairie rhodanienne avec -5% sur les livres pour les étudiants munis de la carte. Possibilité d'acheter et de revendre des livres scolaires.

29 et
6 Place Bellecour
69002 LYON

Centre commercial la Part-Dieu
Niveau 3
69003 LYON


New City Game


La référence lyonnaise en matière de mangas, goodies, Jpop, animes. Prix très raisonnables et tout ce qu'on veut.


2 Rue d'Oan
69001 Lyon

Bahadourian

L'épicerie arabe unique, aux gâteaux uniques, aux amuses-bouches uniques, avec un choix astronomiques d'épices en tout genre, avec des prix variés et parfois chers, mais la qualité est incomparable.

Place Djebraël Bahadourian
            69003 Lyon


            



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13/09/09

La formulation exacte.

Sans_titre_1Je dois dire qu'en ce moment, je lis beaucoup de journaux (à Paris aussi d'ailleurs). Je m'informe. Je lis aussi beaucoup sur Internet, des articles, blogs, forums tout ça. C'est assez amusant de voir comment les gens réagissent face à des problèmes de société.

Exemple flagrant aujourd'hui : un article sur Paris "un rêve un peu fou". Une vidéo expliquait les flagrantes disparités entre la capitale et la province. Un journaliste venu de Lyon (soupir) racontait qu'il était à Paris pour le travail et le prestige (rien que ça). Il expliquait également qu'il avait une soeur à Lyon qui habitait à Villeurbanne, propriétaire de son logement, et qui payait en charges presque aussi cher que son frère en location à Paris. Je regarde ensuite les commentaires, bien sentis pour la plupart : ville de snobs, de cons et de policiers, misère dans les HLM, transports... et puis des reprises, certains en ajoutent une couche...

Etant donné que je suis là, je mets mon grain de sel : la province est en général TRES MAL DESSERVIE. Enfin, je vois les efforts que fait Lyon et je suis plutôt contente. En effet : un tramway vient de voir le jour et certaines lignes se rallongent, jusqu'à l'extrême limite de la ville (si ce n'est plus). Mais combien de temps il a fallu attendre avant tout cela? Près de dix ans! Enormous! Enfin, je ne vais pas me plaindre : je vais à Ikea grâce aux lignes rallongées du tramway. Et ma mère s'en contente.

Elle aussi a changé d'avis sur Paris : les salaires proposés dans sa branche ne sont pas plus élevés qu'à Lyon, et le chose s'est empirée ces dernières années. Il est certain que le niveau de vie à Lyon est un poil plus élevée qu'à Paris.

Ma mère a la chance de vivre à deux pas de Part-Dieu, un centre commercial. Mais elle ne paie que 500€ car notre tante a eu la bonté de nous baisser le loyer de 400€, ce qui est énorme. Je vous laisse faire le calcul. Mais j'ai aussi oublié de dire quelque chose : ON A PLUS D'ESPACE. Ca c'est indéniable. L'appartement doit faire 80m² un truc de malade. Même ma mère dans ses rêves les plus fous n'avait pas imaginé ça. Et des chambres grosses comme... et puis les bons produits.

Sinon, je crois bien que je vais faire un article complet sur Lyon. Des années que ça me chatouillait, et vu que je suis bien partie, je crois que je vais continuer.

Sinon, c'était marrant de voir tous ces gens défendre la province et Paris, et se crêper le chignon comme la teigne restant sur les poils d'un chien.

(Et bon mois de septembre!)

Posté par Nothing Nothing à 10:52:47 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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